Fin d'année patrimoniale 2026 : les échéances à ne pas manquer

Plusieurs dispositifs fiscaux et patrimoniaux arrivent à échéance avant la fin de l'année 2026, tandis que d'autres décisions gagnent à être anticipées avant la clôture de l'exercice. Voici un point sur les principales échéances à avoir en tête.

Le PER, pour la déduction fiscale sur les revenus 2026

Les versements effectués sur un plan d'épargne retraite (PER) sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond calculé selon votre situation. Pour que ces versements s'imputent sur les revenus de l'année 2026, ils doivent impérativement être réalisés avant le 31 décembre. Ce levier est particulièrement pertinent pour les foyers ayant connu une hausse de revenus imposables cette année.

Rééquilibrer son épargne bancaire face à l'inflation

Avec une inflation qui reste supérieure à 2 % et des taux de rémunération des livrets réglementés à des niveaux modestes, une épargne excessivement concentrée sur des supports bancaires classiques perd progressivement en pouvoir d'achat. La fin d'année est un bon moment pour faire le point sur la répartition de son épargne, et étudier si une partie mérite d'être réorientée vers des supports plus adaptés à son horizon de placement.

Finaliser un projet immobilier défiscalisant avant le 31 décembre

Certains dispositifs de défiscalisation liés à l'investissement locatif nécessitent que l'acte d'acquisition soit signé, ou que les travaux soient engagés, avant la fin de l'année civile pour ouvrir droit à l'avantage fiscal au titre de 2026. Les projets en cours de réflexion méritent d'être accélérés dès maintenant, les délais notariés et bancaires pouvant vite rattraper le calendrier.

La LODEOM, pour les investissements outre-mer

La LODEOM (loi pour le développement économique des outre-mer) permet, sous certaines conditions, d'obtenir une réduction d'impôt supérieure au montant investi, en finançant des équipements destinés à des entreprises ultramarines. Le taux de réduction et les dates de collecte varient selon les opérations proposées par les sociétés spécialisées, généralement sur une fenêtre limitée en fin d'année : mieux vaut se renseigner tôt pour ne pas manquer les meilleures opportunités du moment.

Don exceptionnel de 100 000 € : dernière ligne droite

Depuis le 15 février 2025, un dispositif temporaire permet de transmettre jusqu'à 100 000 € par donateur (et jusqu'à 300 000 € par bénéficiaire) en franchise totale de droits de donation, à condition que la somme serve à l'acquisition d'un logement neuf ou en VEFA, ou à des travaux de rénovation énergétique de la résidence principale du bénéficiaire. Ce dispositif s'ajoute aux abattements classiques, sans effet sur ces derniers. Il prend fin le 31 décembre 2026 : les fonds donnés doivent par ailleurs être utilisés dans les 6 mois suivant le versement, ce qui suppose d'anticiper le projet immobilier concerné dès maintenant.


Chacun de ces dispositifs répond à des conditions précises, qui dépendent de votre situation personnelle et patrimoniale.

Dispositif Jeanbrun : ce qu'il faut savoir sur le nouveau statut du bailleur privé

Entré en vigueur le 21 février 2026, le dispositif Jeanbrun — aussi appelé « statut du bailleur privé » — remplace le Pinel comme principal outil de défiscalisation immobilière en France. Son fonctionnement est très différent de celui de son prédécesseur, ce qui suscite de nombreuses questions. Voici l'essentiel à connaître.

Un mécanisme d'amortissement, pas de réduction d'impôt

Là où le Pinel offrait une réduction d'impôt calculée forfaitairement sur le prix d'achat, le dispositif Jeanbrun fonctionne sur un principe différent : l'amortissement. Environ 80 % du prix du logement (hors terrain) peut être déduit chaque année des revenus fonciers, à un taux compris entre 3,5 % et 5,5 % selon le niveau de loyer pratiqué, dans la limite de 8 000 à 12 000 € déduits par an selon la catégorie locative retenue.

Le dispositif s'applique aussi bien aux logements neufs qu'aux logements anciens ayant fait l'objet de travaux significatifs (au moins 30 % du prix d'acquisition), avec à la clé un DPE A ou B, sur l'ensemble du territoire français, sans condition de zonage.

La contrepartie : un engagement de location strict

En échange de cet avantage fiscal, le propriétaire s'engage à louer le bien nu (non meublé) pendant 9 ans minimum, en résidence principale du locataire, dans le respect de plafonds de loyers fixés selon la catégorie choisie (intermédiaire, social ou très social).

Un point d'attention à ne pas négliger : la revente

Comme c'est déjà le cas pour la location meublée (LMNP) depuis 2025, les amortissements déduits pendant la durée de détention seront réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable lors de la revente du bien. Ce mécanisme doit impérativement être intégré dès l'étude de rentabilité du projet, sous peine de surestimer le gain net réel de l'opération.

Une fenêtre d'investissement limitée dans le temps

Le dispositif Jeanbrun s'applique aux acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Les biens acquis en dehors de cette période ne pourront pas bénéficier du régime, ce qui en fait une opportunité inscrite dans un calendrier resserré.

Et via une SCI ?

Un investissement structuré en SCI soumise à l'impôt sur le revenu reste éligible au statut du bailleur privé, et permet d'aller encore plus loin. Une association avec le dispositif LLI (logement locatif intermédiaire) peut également être étudiée : en combinant une TVA réduite à 10 % et un crédit d'impôt équivalent à la taxe foncière pendant 20 ans, l'avantage LLI se rapproche du niveau offert autrefois par le Pinel (de l'ordre de 21 %).


Le dispositif Jeanbrun reste technique, avec de nombreux paramètres à arbitrer selon le profil de l'investisseur et le bien concerné. Une analyse personnalisée reste indispensable avant de se lancer.

Immobilier locatif : ce qui change avec la loi Le Meur et le calendrier DPE

L'immobilier locatif fait actuellement l'objet d'une double pression : fiscale, avec le durcissement des règles sur les meublés de tourisme, et réglementaire, avec l'exclusion progressive des logements énergivores du marché locatif. Un sujet qui concerne aussi bien les propriétaires bailleurs classiques que ceux qui louent via une SCI familiale, avec un point d'attention spécifique à ne pas manquer sur ce dernier point.

1. Fin des avantages Airbnb : ce qu'il faut retenir de la loi Le Meur

Votée en novembre 2024, la loi Le Meur a rebattu les cartes de la fiscalité des meublés de tourisme dès les revenus perçus en 2025.

  • Un abattement qui dépend désormais du classement du bien : pour un meublé de tourisme non classé, l'abattement micro-BIC chute de 50 % à 30 %, avec un plafond ramené de 77 700 € à 15 000 € par an. Les meublés classés conservent en revanche un cadre plus favorable (50 % d'abattement, plafond à 77 700 €), ce qui rend le classement du bien nettement plus stratégique qu'auparavant.
  • Des pouvoirs renforcés pour les mairies : quotas de meublés de tourisme, numéros d'enregistrement obligatoires, compensations possibles exigées dans certaines zones tendues.
  • Un alignement progressif sur les obligations DPE des locations classiques : la location meublée de tourisme ne permet plus de contourner un mauvais DPE.

2. Calendrier DPE : les interdictions de louer jusqu'en 2034

La loi Climat et Résilience poursuit sa trajectoire d'éradication des "passoires thermiques", avec un calendrier désormais bien engagé :

  • Depuis le 1er janvier 2025 : les logements classés G sont interdits à la location.
  • 1er janvier 2028 : les logements classés F le seront à leur tour.
  • 1er janvier 2034 : ce sera au tour des logements classés E.

À partir de 2034, seuls les logements avec un DPE compris entre A et D pourront être proposés à la location. Un point plus rassurant : un délai peut être accordé dès lors qu'un engagement de rénovation énergétique est pris auprès de l'administration.

Point d'attention : SCI et locations meublées de résidences secondaires

Même lorsqu'une SCI est familiale, les loyers issus d'une activité de location meublée doivent être déclarés à l'impôt sur les sociétés, et non à l'impôt sur le revenu. Conséquence directe : les associés ne peuvent plus disposer gratuitement du bien sans conséquence fiscale, un point souvent mal anticipé.

Quelles solutions pour votre   patrimoine ?

Deux leviers méritent d'être étudiés sans attendre :

  1. Engager une rénovation énergétique globale, dont le coût des travaux peut être déduit pour réduire, voire effacer, l'imposition locative actuelle.
  2. Étudier l'opportunité de conserver ou d'arbitrer un bien énergivore, avant que les contraintes réglementaires ne s'accumulent et ne pèsent sur sa valeur de revente.

Chaque situation reste spécifique : le bon arbitrage dépend du bien concerné, du montage juridique en place et des objectifs patrimoniaux poursuivis.